De l’art de faire les courses avec ses enfants… ou encore d’apprendre à accepter, et voir à demander de l’aide !

Un jour, j’ai vu passer une publication sur Facebook, qui m’a particulièrement interpelée… Une petite bande-dessinée humoristique qui montre une maman suivie par son enfant partout, j’ai bien dit partout ! Même aux toilettes, évidemment ! (Toute ressemblance avec la réalité… ;)) C’était quelque chose du genre : « Etre mère, c’est se croire en vacances quand on se rend seule au supermarché.» Ça vous parle ? A moi oui !

« Je vais me débrouiller, merci ! »

Aujourd’hui, je suis allée acheter une boîte d’œufs au supermarché toute seule, et ouais, quel pied ! D’après mes calculs, j’en avais pour à peine 5 min top chrono, le grand luxe ! Mais… mon destin en a décidé autrement !

Il y a une longue queue à la caisse. Juste derrière moi, une maman accompagnée d’un bébé, qui est installé dans son siège-auto, posé dans le caddie. Alors qu’elle s’installe dans la queue, le bébé (qui doit avoir 4 mois), commence à s’agiter et à pleurer. Elle lui ordonne alors de se taire, lui dit que ce n’est pas le moment de commencer à s’énerver. Elle tente alors de lui mettre sa tétine dans la bouche et lui demande de patienter. Elle lui dit qu’il est pénible. Il continue à s’agiter. Elle essaie donc de nouveau de lui mettre sa tétine dans la bouche mais sans succès. Alors, elle finit par le prendre dans ses bras et par lui dire : « T’es vraiment chiant ! ».

Là, je me demande comment je pourrais aider cette maman. Je lui propose simplement de passer devant moi et de l’aider à vider son caddie. Elle se sent alors comme obligée de se justifier : « Ah là là, c’est mon quatrième, mais qu’est-ce qu’il est casse-pieds celui-là ! » Que répondre à ça ? J’ai alors improvisé une réponse comme celle-ci : « Il a juste besoin de contact avec sa maman. » Aurais-je dû me taire, dire autre chose, je ne sais pas… A partir de ce moment-là, elle lui a parlé avec plus de douceur, il n’était plus « chiant » ou « casse-pieds » mais « coquinou »… Quand il s’est agité de nouveau, elle lui a quand même dit qu’il n’avait rien à dire parce qu’il était à bras. Bon…

Je réitère ma proposition de l’aider à vider son caddie et à prendre ma place dans la queue. Elle refuse de nouveau. « J’ai l’habitude de tout faire toute seule ». Ce à quoi je lui réponds, tout en me le disant à moi-même (parce que cette phrase, j’aurais pu la dire aussi) : « Ce n’est peut-être pas une bonne habitude qu’on a prise, nous, les mamans, de tout faire toutes seules et de ne pas demander de l’aide. »

Les courses en mode « traversée solitaire »…

Cette situation me renvoie à plusieurs choses.

Pour commencer, à toutes ces fois où j’ai fait les courses toute seule avec un, puis deux enfants… A toutes ces fois où je me suis retrouvée à la caisse en train de vider mon caddie, mettre tous mes achats dans les sacs, et de nouveau tout remettre dans le caddie, le tout avec une main, en chantant et berçant mon bébé hurlant dans l’écharpe de portage ou la poussette. A toutes les fois où, l’un de mes enfants, encore bambin, expérimentait, pendant ce même passage à la caisse, l’ouverture automatique de la porte du magasin, porte qui donnait directement sur le parking… J’ai quelques sprints à mon actif ! Et aussi à toutes les fois où mes enfants ont expérimenté le cochon pendu sur les barres qui séparent les caisses. Et tout cela, sous le regard pressant des personnes qui faisaient la queue derrière moi. Du sport de haut niveau : j’en ai brûlé des calories dans ces moments-là ! (D’ailleurs, à cette même période où j’étais maman à temps plein, je n’ai jamais compris pourquoi on me demandait si j’avais le temps de faire du sport… tu rigoles ou quoi ?!!!) J’aurais tellement eu besoin d’aide mais je n’ai jamais demandé.

Les années passant, j’ai progressé, j’ai optimisé mon organisation et, les enfants ont grandi (ce qui n’est pas négligeable, quand même !)

Et si faire les courses devenait… amusant ?

        

Les courses, il faut bien y passer de temps en temps alors, comment faire ?

Voilà les quelques trucs que nous avons mis en place ici. Premier point : si je peux éviter d’emmener les enfants avec moi, c’est aussi bien. Y aller avec un seul enfant, c’est pas mal non plus. Quand j’avais un seul enfant, il y a eu des moments de grosse galère, je ne vous le cache pas mais globalement ça allait encore. Dès qu’il a su marcher, il a participé aux courses et, en y allant à son rythme, on s’en sortait plutôt bien. J’ai aussi rapidement limité les courses au supermarché pour privilégier la cueillette ou les achats à la ferme ou chez le producteur. Les courses devenaient alors une sortie à part entière. A l’arrivée de mon deuxième enfant, il a fallu trouver de nouvelles stratégies. Bon point pour moi : l’aîné avait alors presque 5 ans et connaissait parfaitement les rayons et le personnel de l’endroit où nous faisions nos courses. Je lui confiais alors des missions et il faisait les allers-retours entre le caddie et les différents rayons. Ce qui a pu me permettre, par exemple, de proposer une tétée à N°2 en pleine séance de courses alors qu’il venait de se réveiller de sa sieste, commencée dans la voiture par exemple… (Vous voyez de quoi je parle ?) Sitôt qu’il a su lire, mon aîné a appris à se servir de ma carte bleue et avec une liste de courses réduite à l’essentiel en mains, il est régulièrement arrivé que je l’attende dans la voiture avec son frère qui dormait. Afin de motiver mon grand à continuer de m’aider pour les courses, nous sommes ensuite passés aux missions spéciales avec rollers aux pieds dans le magasin, assez efficace ! Puis, mon cadet a grandi et a, lui aussi, commencé à participer aux courses. Avec deux agents spéciaux en stock, on est devenus les rois des courses ! 😉 Aller chercher les yaourts, un paquet de spaghettis, 6 bananes, les peser, vider le caddie, remplir les sacs, taper le code de la carte bleue, appuyer sur le bouton vert… gardez le rythme, à chacun sa mission !

Et à garder dans un coin de notre tête…

Un lieu comme le supermarché est un lieu d’hyperstimulation pour un tout-petit mais aussi pour un plus grand, et savoir qu’il était possible (voire même probable), par conséquent, que mon enfant fasse une crise de rage ; savoir qu’un bébé ne peut différer ses besoins et que pour les bambins, les enfants et même les adultes, ce n’est pas toujours possible (en ce qui me concerne, quand j’ai faim, je suis particulièrement irascible, c’est un fait !) sont des informations qui m’ont beaucoup aidées.

Accepter d’être aidé et demander de l’aide

Et savoir, et surtout, découvrir que l’on peut accepter de l’aide, a… changé ma vie ! (Allez, on peut le dire !) Un jour, alors que nous étions en train de passer en caisse avec un caddie plein à craquer, et que mes enfants s’étaient transformés en cochon pendus, un monsieur m’a dit : « Je vais vous aider. » Je n’ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit, il était déjà en train de vider mon caddie… Alors que j’étais sur le point de lui dire que j’allais me débrouiller (quand même, j’ai ma fierté…et puis, j’ai l’habitude de me débrouiller toute seule ! Voilà, je l’ai dit moi aussi ;)), j’ai décidé d’accepter son aide et je lui ai simplement dit « Merci ! » du fond du cœur, vraiment. A partir de ce jour-là, je me suis engagée envers moi-même à proposer mon aide sitôt quand j’en aurais l’occasion. Ce n’est pas si facile et je n’y arrive pas encore à chaque fois, par peur de déranger, d’être intrusive, peut-être… Et je me suis même dit que j’allais apprendre à demander de l’aide. Pas si facile, j’ai encore du pain sur la planche ! Certainement par peur d’être jugée… Au moment d’accompagner une crise de rage, par exemple, on pourrait simplement demander : « Pourriez-vous me garder mon caddie s’il vous plaît, je dois sortir un moment avec mon enfant. » Et puis, on peut aussi demander de l’aide à nos enfants, qui sont encore et toujours de précieux alliés et qui coopèrent avec joie la plupart du temps ! Et cela d’autant plus que l’on aura veillé à combler quelques besoins de base avant (ou pendant) les courses : grignoter un truc, avoir de l’eau à portée de mains, savoir où se situent les toilettes (ça peut servir !), être allé faire un tour au parc avant ou faire du roller pendant ;)… Et accepter que nos enfants soient enthousiastes et communiquent leur joie aux autres clients (ben oui, ça peut même devenir un moment assez joyeux les courses !). Et pour finir, consentir à quelques « extras » dans nos achats pour leur faire plaisir !

Voilà quelques idées en vrac (liste non exhaustive !) pour vivre ce moment qui peut parfois nous apparaître comme une véritable corvée et le transformer en un temps de partage qui va nourrir la relation.

Et chez vous, les courses, ça se passe comment ?

Elise Fournier, consultante en Parentalité Créative

Le sandwich

Un jeu de chahut à pratiquer en famille (ou entre amis) ! 🙂

On s’installe sur le lit familial (un matelas ou un tapis de sol pourront également convenir) pour préparer le sandwich.

club-sandwich-309442_960_720On s’empile les uns sur les autres. Chacun peut préciser s’il est tranche de jambon, fromage, cornichon, tomate, salade, etc. Des oreillers pourront servir de tranches de pain.

Durant de jeu, on fait attention à ne pas se faire mal, et on arrête à la première demande d’un joueur, par exemple s’il se sent dans une position inconfortable. Ainsi, chacun peut trouver une place qui lui plaît.

Le sandwich est prêt à être dégusté ! Attention aux miettes ! 😉

Article publié dans le magazine PEPS n°15 – Rubrique « Faisons les fous ! »

Un café dans une brouette

Un nom et des idées plein la tête, un beau matin ensoleillé de septembre, nous sommes partis avec nos deux brouettes, nos tabliers et nos chapeaux sur la tête !

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Nous avons déambulé tout un dimanche dans une petite ville dans laquelle c’était jour de fête, avec à notre tête un petit garçon criant : « La Fabrik’, demandez le programme ! » Nous avons invité les gens à boire un thé, un café ou un jus de pommes à la brouette-bar, tandis que petits et grands « fabrikaient » un bonhomme avec tout le petit matériel proposé dans la brouette Brikol’ ! Nous avons ouvert un espace de convivialité au détour d’une rue, au milieu de la foule… De nombreuses personnes se sont arrêtées, d’abord par curiosité, puis intéressées et séduites par l’idée, avec l’envie de participer à ce projet.

Un espace recréé tous les mois

Depuis, le café culturel pour les enfants de 0 à 16 ans et leurs familles ouvre un week-end par mois dans la salle des fêtes de notre village, mise à disposition par la mairie.

IMG_4801Un nouveau défi : la transformation d’une salle des fêtes en un café beau et chaleureux, où chacun, quel que soit son âge, se sente accueilli. Avec peu de moyens et beaucoup d’ingéniosité, c’est chose faite ! Des palettes formant une palissade et permettant de créer un coin peinture et un coin dessin, une tonnelle avec des rideaux, des tapis et des coussins pour l’espace-jeux, un bar, des nappes, de la couleur et de la bonne humeur, et le tour est joué ! Le vendredi soir, avec l’équipe des Zaktifs (les bénévoles de l’association), nous chargeons le camion, installons, vissons, décorons… Puis, le samedi matin, nous ouvrons à 10 h… Tout le week-end, les enfants et les familles viennent et profitent de ce lieu où l’on se sent bien. Parfois on vient juste pour voir et on reste toute la journée, et parfois même on revient le lendemain avec des copains ! Chacun joue, peint, dessine, mange quand il veut. Chacun est libre de participer aux ateliers proposés, un peu, beaucoup ou pas du tout. Souvent, on se balade en chaussettes, comme à la maison ! On vient en famille, entre amis ou tout seul. On peut servir au bar, faire la vaisselle, préparer le goûter… Puis, le dimanche soir, c’est le moment de ranger avant de tout retrouver le mois suivant !

IMG_3774Côté café, on trouve des plats bios et végétariens avec un brunch le dimanche, des gourmandises et des boissons. Et en parallèle, il y a un espace cosy pour les tout-petits : sous une tonnelle, avec des jeux, des tapis, des tentes pour se cacher…, un coin peinture qui ne désemplit pas, un coin dessin, des jeux de société, des grands jeux en bois, des déguisements… Et un programme qui varie chaque mois : salsa, éveil musical, hip-hop, yoga parent / enfant, chant en famille, boum « ados »…

Une idée née d’un besoin profond

A la naissance de mon premier enfant a commencé une prise de conscience profonde en même temps qu’une longue traversée du désert… Personne autour de moi ne concevait l’éducation de mes enfants sous le même angle que moi. J’ai connu l’isolement dont la plupart des jeunes mamans font les frais, avec des journées entières passées en la seule compagnie de mon bambin qui, victime de mon mal-être, faisait colère sur colère. L’épuisement me consumait de jour en jour, j’étais de plus en plus éloignée de la mère attentive et bienveillante que je voulais être pour lui.

Puis, en discutant avec d’autres parents de jeunes enfants, j’ai réalisé à quel point ce sentiment d’isolement était présent chez nombre d’entre nous. Il y avait un réel besoin pour nous, les parents, d’avoir un lieu où nous rencontrer, échanger, être avec nos enfants, quitter le quotidien quelques minutes, quelques heures.

Force était de constater que les enfants, eux non plus, n’avaient pas à leur disposition un espace où ils étaient libres de s’exprimer, de penser, d’être eux-mêmes. Un lieu où l’on attend rien d’eux sinon qu’ils soient des enfants. Consciente de ces besoins, je rêvais d’un lieu chaleureux où chacun, enfant ou adulte, avec son histoire, serait accueilli inconditionnellement.

J’ai découvert que le lieu rêvé existait. Le Cafézoïde, premier café culturel pour les enfants et leurs familles, existait depuis une dizaine d’années à Paris, et d’autres cafés des enfants avaient vu le jour dans plusieurs villes de France. Nous sommes donc montées à la capitale pour rencontrer Anne-Marie Rodenas, la présidente du Cafézoïde, à l’occasion d’une réunion de porteurs de projet qu’elle avait initiée. Ce fut un moment inoubliable, une rencontre qui marque à vie : quelqu’un mettait des mots sur ce que nous avions imaginé et ressenti, et avait elle-même réalisé ce rêve, ouvert ce café où elle aurait aimé aller étant petite !

IMG_4250Trois ans ont passé et ce projet ne m’a pas quittée un instant… J’en ai parlé autour de moi, plusieurs personnes y ont porté un grand intérêt et m’ont permis de me lancer. L’association La Fabrik’ a été créée en juillet 2014, et depuis tout s’est accéléré.

La prochaine étape est de proposer des soirées-jeux, des conférences et des groupes de parole autour de la parentalité positive, ainsi qu’un moment d’accueil en semaine. Puis l’étape suivante sera de disposer d’un local où nous installer pour ouvrir cinq jours par semaine et créer un ou plusieurs emplois.

Et oui, jamais je ne m’arrêterai de rêver ! Et pour cause, les rêves, quand ils ne nous quittent pas, deviennent réalité !

Article publié dans le magazine PEPS n°10 – Rubrique « Initiative originale »